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Entretenir une fourrure : les gestes qui comptent

— 4 minutes de lecture

Manteaux de fourrure suspendus sur des cintres larges en bois dans une penderie, housse en coton entrouverte

Une fourrure bien traitée se porte pendant des décennies. Une fourrure mal rangée se dégrade en quelques saisons, souvent sans que rien ne se voie la première année. L'essentiel se joue hors de la saison de port : là où la pièce dort, sur quoi elle est suspendue, et dans quel air. Voici les règles qui comptent vraiment.

Le cintre

C'est le point le plus simple et le plus souvent négligé. Une fourrure se suspend sur un cintre large, à épaules épaisses et arrondies, capable de reprendre la ligne des épaules du vêtement. Un cintre fin en métal ou en plastique concentre tout le poids sur deux points. Au bout de quelques mois, la doublure marque, la couture d'épaule tire, et le cuir se déforme à cet endroit.

Le vêtement doit être suspendu boutonné ou fermé sur les premiers crans, pour que le poids se répartisse et que les devants ne bâillent pas.

L'espace autour

Une fourrure a besoin d'air autour d'elle. Comprimée entre deux manteaux dans une penderie pleine, elle s'écrase. Le poil se couche, le volume disparaît, et il ne revient pas toujours. Le renard et les autres fourrures à poil long sont les plus exposés à ce problème.

Laissez au moins la largeur d'une main de chaque côté. Si la penderie est saturée, sortez plutôt un autre vêtement.

La housse

Une housse en coton ou en toile non traitée protège de la poussière et de la lumière tout en laissant passer l'air. C'est le bon choix.

La housse en plastique est à proscrire. Elle enferme l'humidité contre le cuir. Un cuir qui reste humide se rigidifie, puis se craquelle. Les housses fournies par les pressings sont conçues pour le transport, pas pour le rangement : retirez-les en rentrant.

La lumière

La lumière directe, et le soleil en particulier, décolore le poil. L'effet est progressif et irréversible. Une fourrure rangée face à une fenêtre perd sa teinte sur la face exposée, et le contraste finit par se voir. Rangez à l'abri de la lumière, ou housse fermée.

L'humidité et la chaleur

Le cuir d'une fourrure contient des matières grasses issues du tannage. La chaleur les évacue. Un cuir desséché devient cassant : il se déchire aux coutures et aux plis, et cette dégradation ne se répare pas facilement.

Conséquence pratique : ne rangez jamais une fourrure au-dessus d'un radiateur, contre un mur chauffé, ni dans une pièce très sèche l'hiver. À l'inverse, une cave humide favorise les moisissures. Une pièce tempérée, ventilée, ni humide ni surchauffée, convient.

Quand elle prend la pluie

Une fourrure mouillée n'est pas perdue, à condition de réagir correctement.

  • Secouez-la doucement pour chasser l'eau de surface.
  • Suspendez-la sur son cintre large, dans une pièce à température normale.
  • Laissez-la sécher à l'air libre, sans rien.
  • Une fois sèche, secouez-la de nouveau pour que le poil se remette en place.

Ce qu'il ne faut pas faire : sèche-cheveux, radiateur, sèche-linge, ou toute source de chaleur dirigée. La chaleur cuit le cuir. Un séchage forcé fait plus de dégâts que la pluie elle-même.

Ce qu'il ne faut jamais faire

  • Brosser une fourrure avec une brosse dure. Les poils raides arrachent le jarre. Un peigne à dents larges et espacées suffit pour le poil long. Le poil ras n'a en général besoin de rien.
  • Vaporiser du parfum, de la laque ou un déodorant sur la fourrure. L'alcool dessèche le poil et le cuir. Parfumez-vous avant de mettre le vêtement.
  • Laver, tremper, ou passer en machine. Le cuir tanné ne supporte pas l'immersion.
  • Nettoyer une tache avec un détachant du commerce. Les solvants ménagers attaquent le tannage.
  • Plier et ranger dans un carton ou une valise. Les plis marquent durablement le cuir.
  • Repasser, même à travers un linge.
  • Épingler un bijou ou une broche à travers la peau. Le trou reste et fragilise la zone.

Les mites

Les larves de mites s'attaquent aux fibres animales. La laine d'une peau lainée est particulièrement vulnérable, mais aucune fourrure n'est à l'abri. La prévention est simple : rangement propre, aération régulière, inspection en début et en fin de saison. Un vêtement porté puis rangé avec des traces de transpiration attire davantage les insectes.

Évitez de mettre de la naphtaline directement au contact de la fourrure. L'odeur s'imprègne et le produit peut marquer. Préférez un sachet placé dans la penderie, sans contact.

Les gestes de saison

Deux fois par an, sortez la pièce, suspendez-la à l'air quelques heures dans une pièce à l'ombre, inspectez les coutures, les poignets, le col et le bas des manches. Ces zones concentrent l'usure. Une couture qui commence à lâcher se reprend en quelques minutes chez un professionnel. La même couture ignorée pendant deux hivers devient une déchirure dans le cuir, qui coûte beaucoup plus cher à réparer.

Quand la confier à un professionnel

Certaines opérations ne se font pas à la maison. Confiez la pièce à un fourreur ou à un nettoyeur spécialisé dans les cas suivants :

  • une tache installée, grasse ou colorée ;
  • un poil terne, poussiéreux, qui ne se relève plus à l'aération ;
  • une odeur persistante ;
  • une couture ouverte ou un cuir fendu ;
  • une doublure déchirée ou décollée ;
  • une pièce restée longtemps sans être portée, avant de la remettre en service.

Le nettoyage d'une fourrure n'a rien de commun avec un nettoyage à sec classique. Il fait appel à des procédés spécifiques au cuir tanné et au poil. Un pressing généraliste qui accepte une fourrure sans poser de questions n'est pas le bon interlocuteur.

La fréquence dépend de l'usage. Une pièce portée régulièrement supporte un nettoyage professionnel espacé de plusieurs saisons. Un nettoyage trop fréquent n'apporte rien et sollicite le cuir inutilement.

Pour aller plus loin

Nos repères sur l'entretien et la transmission d'une pièce reprennent ces gestes saison par saison. Si vous hésitez encore sur la matière, la comparaison des différentes fourrures précise ce que chacune demande. Et pour comprendre ce qu'un atelier peut reprendre sur une pièce ancienne, voyez notre page sur le travail du fourreur.

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La lettre

Deux ou trois lettres par saison.

Les pièces qui entrent, celles qui repartent en atelier. Rien d'autre.